Mémoire
La mémoire en mouvement : notre cerveau produit-il encore des neurones à l'âge adulte ?
Publié le 16 juillet 2026 · 3 min de lecture

Une question fascinante au cœur des neurosciences
Pendant longtemps, une croyance solidement ancrée suggérait que nous naissions avec un stock défini de neurones, destiné à s'amenuiser inexorablement avec le temps. Pourtant, la recherche scientifique moderne bouscule ces certitudes. Au centre des discussions : la neurogenèse, c'est-à-dire la capacité du cerveau à produire de nouvelles cellules nerveuses tout au long de la vie, en particulier dans les zones dédiées aux souvenirs.
Chez les mammifères, ce phénomène est clairement identifié au sein de l'hippocampe, une structure cérébrale essentielle pour l'apprentissage et la mémoire. Plus précisément, c'est dans une petite région appelée le gyrus denté que de nouvelles cellules voient le jour avant de s'intégrer aux circuits existants. Comprendre ce mécanisme chez l'être humain ouvre des perspectives pleines d'espoir pour l'accompagnement des troubles de la mémoire et des maladies neurodégénératives.
Le débat scientifique autour du cerveau humain
Si la création de nouveaux neurones est un fait solidement établi chez les rongeurs, sa confirmation chez l'être humain adulte a longtemps fait l'objet de vifs débats au sein de la communauté scientifique. Les divergences de résultats s'expliquent principalement par la complexité d'observation des tissus cérébraux et par la diversité des techniques méthodologiques utilisées.
Heureusement, les technologies récentes, notamment l'analyse génétique des noyaux cellulaires individuels (le séquençage de l'ARN), apportent des preuves de plus en plus convaincantes. Ces analyses de pointe confirment la présence de neurones dits « immatures » — de futures cellules nerveuses en devenir — au cœur de notre hippocampe, même à un âge avancé.
Un lien étroit avec les troubles de la mémoire
Ces découvertes ne sont pas seulement théoriques ; elles possèdent une portée clinique majeure pour la compréhension des troubles cognitifs. Les chercheurs observent en effet une diminution significative de cette production de nouveaux neurones chez les personnes touchées par des pathologies comme la maladie d'Alzheimer.
Lorsque le renouvellement cellulaire ralentit ou s'altère, la plasticité cérébrale — cette faculté du cerveau à se réorganiser et à s'adapter — se trouve affaiblie. C'est ce déclin de la régénération qui contribue directement à l'installation des difficultés de mémorisation, de repérage dans l'espace et d'apprentissage.
Prendre soin de son capital cérébral au quotidien
Bien que la recherche explore encore les leviers moléculaires précis de la neurogenèse, il est déjà bien établi que notre mode de vie influence l'activité de notre hippocampe. Pour stimuler la plasticité de notre cerveau et soutenir nos fonctions cognitives, plusieurs pistes s'offrent à nous :
- La nouveauté : Apprendre une nouvelle langue, s'initier à un instrument ou modifier ses itinéraires habituels stimule les connexions synaptiques.
- L'activité physique : Des exercices réguliers favorisent l'oxygénation cérébrale et la libération de facteurs de croissance neuronale.
- La gestion du stress et le sommeil : Un repos de qualité et des moments d'apaisement protègent l'hippocampe des effets toxiques des hormones de stress comme le cortisol.
Prendre soin de sa mémoire est une démarche active. Si vous ou l'un de vos proches ressentez des difficultés inhabituelles, un accompagnement professionnel adapté permet de faire le point et de mettre en place des stratégies de soutien personnalisées.
Source : lemonde.fr
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